Sur le dialogue avec M. Omar S.

Lettre n°5 - Octobre 2009


Sceaux, octobre 2009


Chers pratiquants,


En janvier dernier, nous prenions connaissance, comme la plupart d’entre vous, d’une lettre rendue publique d’Omar Saavedra. Il faisait alors part de son inquiétude quant aux conséquences de la réorganisation, des changements de dénomination et de la création du Consistoire.

Il annonçait à cette occasion ne plus vouloir adhérer à notre organisation. En tant que membres du Consistoire, nommés par le Consistoire mondial, il était de notre devoir de rencontrer Omar Saavedra pour l’écouter et pour répondre à ses interrogations qui traduisaient son appréhension. Nous avons voulu le rassurer sur le fait que rien ne changerait au sein du Mouvement Soka, qui reste attaché aux enseignements de Nichiren Daishonin et à la relation de Maître et Disciple.

C’est ainsi que nous avons initié un dialogue fructueux avec M. Saavedra, à la suite duquel il a décidé de continuer, à nos côtés, de s’engager pleinement dans la vie de notre Mouvement.

La lettre qu’il nous a envoyée par la suite est riche d’enseignements ; c’est pourquoi, avec son autorisation, nous avons décidé de la publier intégralement (ci-dessous).


Pour le Consistoire,
Pierre Charlot
Président


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Le 15 avril 2009


Madame et Messieurs,


Suite à une lettre publique adressée au Consistoire Soka dans laquelle je fais part de mon mécontentement au sujet du changement du nom de l’Association Soka Gakkai en Consistoire Soka.

Les responsables du Consistoire m’ont proposé de dialoguer par rapport à la décision que j’avais prise, de ne plus adhérer au Consistoire Soka.

Dans un échange très franc et chaleureux, nous avons éclairci plusieurs points à l’origine de mon inquiétude ; celui de la relation Maître et disciple dans notre pratique bouddhiste de Nichiren Daishonin, et l’attitude à suivre en tant que pratiquant de ce bouddhisme.

Je crois que la cause de mon inquiétude s’est avéré être une mauvaise communication de la part de la direction du Consistoire ; je ressentais un sentiment d’immobilisme de leur part, d’une non consultation des membres. J’avais l’impression d’un manque de sagesse, lié à un sentiment de peur et de reculade de leur part ; j’étais convaincu alors que le chemin de la trahison envers Daisaku Ikeda, mon Maître, était entamé.

D’autre part, il y avait ce manque de volonté pour corriger certains déviationnismes dans la pratique s’installant peu à peu. Un exemple étant le rythme de daimoku comme notre Maître Daisaku Ikeda l’enseigne. Dans ma lettre au Consistoire Soka, j’ai utilisé des mots trop forts et blessants envers les personnes concernées, en les traitant de « lâches, menteurs et d’illusionnistes ».

En tant que pratiquant du bouddhisme de Nichiren Daishonin, je regrette profondément de m’être laissé emporter et n’avoir pas cherché une autre forme d’échange ou de conversation.

Je voudrais ajouter que je n’ai jamais pensé à créer une autre organisation que celle de mon Maître, et que j’éprouve une grande reconnaissance pour le grand soutien des pratiquants qui m’ont adressé des e-mails, des lettres, et des appels téléphoniques encourageants.

Il reste en moi encore ce grand désir de justice ; mon militantisme et mon engagement politique et idéologique du passé est toujours présent.

Depuis plus de 10 ans que je pratique le bouddhisme de Nichiren Daishonin, j’ai découvert le force de changement de l’être humain dans son intérieur, c’est-à-dire, la révolution humaine et le formidable combat pour la paix qui impliquent parfois d’énormes souffrances que l’on apprend à transformer grâce à la pratique de daimoku.

Monsieur Toda a dit : « Le bouddhisme c’est une lutte de vie ou de mort. Le véritable Bouddhisme se trouve dans le fait de savoir entreprendre un dialogue de vie à vie dans la société. Pour être un véritable disciple de Nichiren Daishonin, on doit être un véritable vecteur de changement, on doit mettre en pratique le bouddhisme dans la société et lutter autant qu’il nous est possible pour le bien être des autres, de notre pays et du monde. C’est pour cela que la Soka Gakkai agit ». (Les trois transformations de la terreDaisaku Ikeda).

Dans ce grand désir de changement de société qui est le mien, j’ai confondu le militantisme avec l’engagement bouddhiste, j’ai confondu la pratique de Nichiren Daishonin et l’idéologie.

Mon Maître Daisaku Ikeda dit dans « Les trois transformations de la terre » : « les efforts constants pour arriver à accomplir la révolution humaine individuelle, ou la transformation intérieure que chacun de nous a entamée, en tant que membres de la SGI, engagés dans la société, sont les moyens qui nous permettent à la fois de changer notre monde et l’environnement… Et on le doit au fait que la possibilité de transformer la terre, en dernier ressort, dépend du fait que les êtres humains transforment leur coeur et leur mentalité. D’un autre côté, quand les principes de vérité et justice triomphent, l’impact positif se reflétera sur la terre et à l’endroit où nous vivons. C’est pour cela que la lutte inhérente aux « trois transformations de la terre », est en réalité une lutte féroce pour s’assurer que la vérité l’emporte ».

Les dialogues que j’ai entamés avec le Consistoire Soka nous a aidé à entailler la vérité ; mon regret en ce qui me concerne à été de ne pas avoir valorisé le grand travail que développe les personnes du Consistoire Soka.

Ces pratiquants responsables sont au service de nous tous, menant le même combat que chacun de nous, de plus ils nous écoutent quand nous les sollicitions. Voilà pourquoi je vous présente humblement mes excuses.

Je pense que cela a permis au Consistoire de réfléchir pour améliorer la communication vers les pratiquants et d’être plus proche des membres.

Je prends toutes mes responsabilités, j’ai décidé de continuer ce combat aux côtés de mon Maître Daisaku Ikeda, avec le Consistoire, en gardant l’unité, l’écoute et le respect de tous les êtres humains.

Je garde aussi toute ma liberté pour rappeler à l’ordre, en tant que pratiquant, les responsables s’il s’avère nécessaire.

J’ajoute que je suis fortement attaché au concept de « Maître et disciple », et que la base de notre pratique est incontestablement « Nam Myo Ho Renge Kyo », qui exprime cette relation entre Maître et disciple et la Loi merveilleuse. « Faisons daimoku et gongyo d’une voix sonore comme un cheval blanc au galop » ou « si Maître et disciple prient avec des esprits différents, leurs prières seront aussi futiles que d’essayer d’allumer un feu sur de l’eau ».

Je reste sur ce principe, tel que le Maître l’enseigne, et je combattrai pour partager le même grand désir et défendre le bouddhisme de Nichiren Daishonin avec le même esprit de dévouement désintéressé que mon Maître.

Monsieur Ikeda raconte que Monsieur Toda disait souvent : « en ce qui concerne la Foi je suis persistant jusqu’au point de l’obstination. Le Kosen Rufu est une lutte de transcendantale importance, qui demande un effort incessant et une résolution intrépide ».


Madame et Messieurs du Consistoire Soka je ne vous demande rien.

Je vous laisse l’entière liberté de publier ou faire connaître cette lettre à la condition que ce soit dans son intégralité.

Je vous remercie, Madame et Messieurs, et veuillez être assurés de mon soutien, ainsi que de mon engagement bouddhique vis-à-vis du Consistoire Soka.


Omar Guillermo Saavedra Gonzales

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