L’Ecole Bouddhique de Nichiren: une religion à part entière
Lettre n°6 - novembre 2009
Sceaux, novembre 2009
En créant le Consistoire national du bouddhisme de Nichiren, en novembre 2006, nous nous sommes résolument affirmés comme des croyants de cette grande religion qu’est le bouddhisme. Pourquoi ? Le mouvement Soka est considéré par certains, non comme relevant du bouddhisme, mais comme un mouvement pseudo-bouddhiste ou un mouvement humanitaire international qui se réfère aux valeurs bouddhistes, pas comme une vraie religion.
Ces deux points de vue dénient à ce mouvement la qualité de religion authentique.
Afin de réaliser son but de contribuer à l’établissement d’une société humaine juste et prospère, basée sur les valeurs bouddhiques, nous avons besoin de faire savoir ce qu’il en est. Les croyants ne pratiquent pas « le bouddhisme Soka », mais sont pratiquants du bouddhisme de Nichiren, religion pratiquée mondialement au sein de notre école.
Afin d’examiner sérieusement la question – et de contester les deux préjugés énoncés ci-dessus – il peut être utile de se référer à une définition reconnue du mot « religion ». Le maître de l’anthropologie religieuse Emile Durkheim a écrit qu’ « une religion est un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, […] croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale […] tous ceux qui y adhèrent. »1
Le bouddhisme répond précisément aux « critères » énoncés dans cette définition. Il est universellement reconnu comme l’une des grandes religions du monde, même si l’on précise couramment que le principe transcendant que ses croyants vénèrent est une « Loi » et non un « Dieu », et si l’on ajoute souvent qu’il est « une sagesse », « une philosophie », « un chemin spirituel » ou même « un art de vivre », autant qu’une religion.
Le bouddhisme de Nichiren, source religieuse historique du mouvement Soka, s’accorde aux termes de la définition de Durkheim. Même ceux qui dénoncent la véhémence du moine Nichiren reconnaissent que ses enseignements s’inscrivent dans le courant bouddhique du Sûtra du Lotus, enseignement du Grand Véhicule de Shakyamuni, parvenu au Japon par la route de la soie, la Chine et la Corée.
« Un système solidaire de croyances et de pratiques »
Nichiren écrit que « seule la croyance importe vraiment » et encourage ses disciples à « faire surgir le pouvoir de la foi »2. Pour lui, la croyance dans l’enseignement du Sûtra du Lotus est en soi la bouddhéité, ou éveil à la Loi de la vie. Il encourage également ses disciples à fonder toutes leurs actions, y compris leur pratique et leur étude du bouddhisme, sur leur foi. La foi est approfondie par la pratique et l’étude, tandis que la pratique et l’étude sont fondées sur la foi. L’une des formes essentielles de la pratique bouddhique est la prière quotidienne.
Par la prière, on fait jaillir le courage et la sagesse du bouddha, et on savoure ce que Nichiren appelle « la joie illimitée que procure la Loi »3. La prière est la force motrice de la progression et de la victoire dans la vie. La pratique de la prière bouddhique, pour soi et pour les autres, renforce la croyance dans le potentiel illimité de la vie. La croyance et la pratique bouddhiques constituent bien, comme l’indique Durkheim, « un système solidaire », cohérent.
« Croyances et pratiques relatives à des choses sacrées »
L’Ecole Bouddhique de Nichiren réalise dans le monde contemporain le « Grand Voeu » de tous les maîtres bouddhistes depuis le Bouddha Shakyamuni, c’est-à-dire une vaste propagation de l’enseignement bouddhique. Il permet à des millions de gens de connaître et de réciter la « Loi Merveilleuse » révélée par Nichiren, Nam Myôhô Rengué Kyô, devant l’objet de vénération inscrit par lui, le Gohonzon. Cette formule (mantra) représente le concentré de la profonde sagesse du bouddhisme. Le Gohonzon est l’image graphique de l’éveil de Nichiren et un miroir devant lequel ses disciples de toutes les époques peuvent « polir » leur propre vie afin d’accéder au même éveil que lui. Réciter Nam Myôhô Rengué Kyô devant le Gohonzon, c’est croire et pratiquer les « choses sacrées » du bouddhisme, c’est rechercher sincèrement à reconnaître le caractère sacré, précisément, de la dignité de toute forme de vie.
« Croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale tous ceux qui y adhèrent »
Notre mouvement agit dans tous les domaines pour favoriser l’unité et la solidarité de l’humanité entière. Le renforcement de liens de confiance, voire d’amitié entre les êtres humains désamorce en effet les conflits et crée les conditions de la justice et de la prospérité commune. Les pratiquants s’efforcent de prier, de dialoguer et d’agir pour expérimenter dans leur milieu proche, non l’unité dans la conformité, mais l’unité dans la diversité, dans laquelle chacun peut s’épanouir tel qu’il est. Cet idéal partagé est la « communauté morale », ou spirituelle, des bouddhistes.
Des millions de pratiquants bouddhistes expérimentent depuis plusieurs décennies, dans toutes les régions du monde, la concrétisation du principe bouddhique « la foi équivaut à la vie quotidienne », grâce à leurs efforts courageux dans la foi et aux encouragements mutuels dans la pratique. L’amélioration concrète de leurs qualités humaines et de leurs conditions de vie découle directement du renforcement de leur foi dans les ressources bienveillantes infinies de la vie. C’est la foi bouddhique, expérimentée au XXIème siècle dans des situations nouvelles et des formes renouvelées. L’enseignement de Nichiren promeut une foi et une pratique bouddhique vivantes, une religion authentique et dynamique. Il assume l’héritage millénaire de l’enseignement des maîtres bouddhistes de l’histoire, tel qu’il s’est exprimé dans le Sûtra du Lotus et dans l’oeuvre de tous ceux qui s’en sont réclamés. Voilà pourquoi cette école revendique, en France comme partout dans le monde, la reconnaissance de son identité véritable, qui est d’être un courant authentique de la religion bouddhiste !
Le Consistoire national
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